La logistique est le secteur le plus touché par les TMS en France. Les métiers de la préparation de commandes, du chargement-déchargement et de la conduite d'engins concentrent des facteurs de risque multiples : gestes répétitifs, port de charges, postures contraintes, cadences élevées, manque de récupération.
Le résultat est sans appel : la quasi-totalité des maladies professionnelles reconnues dans le secteur sont des TMS. Et la pression sur les opérateurs ne faiblit pas — au contraire, l'essor du e-commerce a accru les cadences de préparation dans de nombreux entrepôts.
Les postes les plus exposés
En logistique, les risques ne sont pas uniformément répartis. Certains postes concentrent l'essentiel des déclarations :
Préparateurs de commandes : flexions répétées du tronc, port de charges supérieur à 15 kg, travail en allées étroites avec rotation du rachis.
Agents de quai : contraintes cervicales et lombaires liées aux postures en extension, vibrations des chariots élévateurs, travail dans le froid.
Opérateurs de conditionnement : gestes répétitifs des membres supérieurs, postures statiques prolongées aux postes fixes, manque de variabilité des tâches.
Pourquoi les programmes classiques échouent en logistique
Dans ce secteur, les contraintes opérationnelles sont souvent utilisées comme argument pour ne pas faire de prévention : "On n'a pas le temps", "Les équipes tournent en 3×8", "On ne peut pas arrêter la ligne". Ces arguments sont compréhensibles, mais ils conduisent systématiquement à des arrêts encore plus coûteux.
La réalité est que la prévention en logistique doit s'adapter aux contraintes opérationnelles — pas l'inverse. Des échauffements de 3 minutes avant la prise de poste, des pauses actives intégrées dans les temps de pause réglementaires, des exercices de récupération lombaire accessibles sur téléphone : ces formats courts et flexibles sont ceux qui fonctionnent dans ce contexte.
L'enjeu de la rotation et de la variabilité des tâches
Au-delà des exercices, l'organisation du travail est un levier puissant souvent sous-exploité. La rotation entre les postes — limitant l'exposition répétée aux mêmes contraintes — est l'une des mesures les plus efficaces documentées par l'INRS pour réduire les TMS dans les secteurs à forte intensité physique.
Ce que les données disent sur le ROI
Les entreprises logistiques qui ont mis en place des programmes structurés de prévention TMS témoignent de résultats concrets : réduction des déclarations d'accidents liés aux TMS, diminution de l'absentéisme, amélioration de la rétention des opérateurs sur des postes difficiles. Le retour sur investissement est généralement visible dans les 12 à 18 premiers mois.
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