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Sédentarité & posture

Sédentarité au travail : le risque TMS silencieux qui touche vos salariés de bureau

Sédentarité au travail : le risque TMS silencieux qui touche vos salariés de bureau

On imagine souvent les TMS comme une pathologie des métiers manuels. Mais depuis plusieurs années, les données épidémiologiques racontent une autre histoire : les travailleurs sédentaires — ceux qui passent l'essentiel de leur journée assis devant un écran — développent des TMS à un rythme croissant.

En avril 2024, le gouvernement a érigé la lutte contre la sédentarité en grande cause nationale. L'Anses l'explique clairement : plus d'un tiers des adultes français dépassent les 8 heures quotidiennes de postures sédentaires, exposant leur système musculo-squelettique à une dégradation progressive.

Ce qui se passe dans le corps d'un salarié sédentaire

La position assise prolongée n'est pas naturelle pour le corps humain. Elle crée une compression des disques intervertébraux, raccourcit les fléchisseurs de hanche, sollicite de façon statique les muscles cervicaux et dorsaux, et réduit la circulation sanguine dans les membres inférieurs.

Ce n'est pas la position elle-même qui pose problème — c'est son maintien sans variation pendant des heures. L'INRS le formule ainsi : l'unique posture qui ne génère pas de douleur est celle qui change régulièrement.

Télétravail : un facteur aggravant mal évalué

Le développement du télétravail a amplifié ces risques. À domicile, les conditions ergonomiques sont souvent dégradées : chaise de cuisine, écran mal positionné, absence de repose-poignets. Les pauses spontanées, qui rythment naturellement le travail en open space, disparaissent.

Les services numériques et les services aux entreprises ont enregistré les plus fortes hausses de TMS entre 2020 et 2024 — bien devant les secteurs historiquement exposés. Ce retournement interpelle directement les équipes RH qui ont déployé le télétravail sans adapter leur politique de prévention.

Les signaux faibles à surveiller

Un salarié sédentaire développe rarement un TMS du jour au lendemain. Il passe par une phase de signaux faibles que les managers et les équipes RH peuvent apprendre à identifier :
— Plaintes récurrentes de tensions cervicales ou lombaires
— Demandes de changement de poste ou de matériel
— Baisse de concentration et d'efficacité en fin de journée
— Micro-absences répétées sans cause identifiée

L'action préventive : rompre la sédentarité régulièrement

La solution n'est pas de supprimer le travail assis — c'est de l'interrompre régulièrement par du mouvement. Même des pauses actives de 3 à 5 minutes toutes les heures suffisent à réduire significativement la charge musculaire sur les structures touchées.

La clé est la régularité. Un programme ponctuel — une journée prévention par an — n'aura pas d'effet durable sur des postures ancrées depuis des années. C'est la pratique quotidienne, intégrée dans le flux de travail, qui produit des résultats mesurables.

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